600x300pxls / En Appar’T / expositions / collaborations

+ Jérôme Allavena, Sans Titre (Universal)
+ Antoine Dorotte, Move It Piano
+ Antoine Vanoverschelde, Jouets tristes
+ Mathieu Harel-Vivier, Spectre 4
+ Béatrice Bailet, Maisons colorées 3

Jouets tristes d’Antoine Vanoverschelde est constitué de 28 images polaroïd à la chambre 4 x 5. La technique aléatoire de l’amateur est ainsi soumise au temps étiré du méticuleux travail à la chambre photographique.

Cette série se caractérise par un travail poétique du plan, où l’image relève d’une délicate composition. Des portraits d’objets d’antan, où la mise en scène compose les « images d’un monde flottant » dont l’essence transitoire et illusoire se dissout dans le saisissement de l’instant. Toutes issues d’univers familiers, ces images parlent du temps et de l’impermanence des choses, de ces instants de vie pathétiques et dérisoires qui évoquent notamment l’œuvre du cinéaste Andreï Tarkovski.

Antoine Vanoverschelde s’interroge sur la perception sans cesse mouvante des objets en choisissant de simplement prêter attention à la réalité. La série Jouets Tristes donne une vision fantasmée par le langage photographique du dernier ouvrage éponyme (Kanashiki Gangu) d’Ishikawa Takuboku (1885/6-1912), le «Rimbaud japonais». Les instantanés du photographe prennent leur sens comme une réflexion sur la photographie elle-même, rythmée par la poésie japonaise du tanka. Forme traditionnelle du poème court, le tanka est construit en deux parties et ne traite que d’un seul sujet à la fois, sans donner de réponse aux interrogations qu’il soulève. Loin d’une vision amère ou nostalgique du souvenir, la légèreté de cette forme d’expression littéraire résonne dans l’instantané Made in Western Germany d’Antoine Vanoverschelde, dont la lecture simultanée des deux tableaux perturbe. Quelques pièces en bois coloré font face à leur contenant, reprenant la composition simple proposée sur la boîte d’allumettes. Le nombre de scénarii envisageables à partir de ces quelques figures semble limité, accentuant la pauvreté de la forme. Déstabilisant notre regard, interrogeant notre perception, cette image pourrait aussi être la prise de vue d’une sculpture car selon l’angle de vue, elle invite à concevoir de nouvelles représentations.

Antoine Vanoverschelde vit et travaille à Bruxelles. Il a obtenu son diplôme de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris en 2007. Il travaille actuellement sur un projet d'installation intitulé Champs de bataille.

http://vanoverscheldeantoine.blogspot.com